Un mur qui respire sans boire, c’est l’idée-force derrière l’arase étanche. Cette barrière discrète, nichée entre fondations et premiers rangs, empêche l’eau de remonter par capillarité et stabilise l’ouvrage. Quand elle est bien exécutée, la suite des travaux maçonnerie gagne en précision, et l’ensemble gagne des années de tranquillité.
Sur le terrain, artisans et autoconstructeurs constatent la même chose: ce n’est pas la quantité de mortier qui fait la différence, mais la méthode. Préparation surface soignée, coffrage rigoureux, bande d’arase posée sans plis, et contrôle continu au niveau. Ensuite seulement viennent l’imperméabilisation de finition et la protection mur extérieur, pour un bâti durable, prêt à encaisser pluie, variations thermiques et cycles gel/dégel.
Arase étanche sur un mur en parpaing : principes, risques d’humidité et normes à respecter
Une arase étanche se définit comme une couche de mortier amélioré, souvent enrichi d’un additif hydrofuge, surmontée d’une bande d’arase ou d’un film bitumineux. Son objectif est clair: bloquer les remontées capillaires qui dégradent les enduits, salissent les plinthes et fragilisent le pied du mur en parpaing. Sans cette barrière, l’eau remonte et laisse sels et auréoles.
Physiquement, l’eau progresse dans les pores par capillarité, surtout quand le sol reste humide. Un mortier hydrofuge limite cette migration, mais la bande d’arase apporte la rupture totale du chemin de l’eau. Ensemble, ils cumulent étanchéité et planéité. Ce tandem se révèle efficace dans les maisons neuves comme en rénovation lourde.
Où positionner l’arase et quelles tolérances viser
L’arase s’installe sur le premier lit de blocs, ou directement sur le couronnement des fondations si le mur part de là. Il faut viser une épaisseur constante, généralement entre 1 et 2 cm pour la couche de mortier. Les tolérances d’horizontalité se jouent au millimètre, car un défaut minime se répercute sur tous les rangs supérieurs.
Le niveau à bulle et la règle aluminium guident chaque passe. Un contrôle tous les 1,5 à 2 mètres évite les ondulations. Ainsi, la pose des parpaings suivants gagne en rapidité et réduit la consommation de mortier de pose.
Risques en cas d’absence d’arase étanche
Sans arase, l’humidité s’infiltre. Elle s’accumule au pied des cloisons, fait cloquer la peinture et peut corroder les armatures en zone saline. À moyen terme, le coût de remise en état dépasse celui d’une mise en œuvre correcte dès l’origine. Les sinistres d’hygrométrie restent parmi les plus coûteux dans la petite rénovation.
Un exemple: sur un garage agrandi en périphérie de Rennes, l’absence de coupure capillaire a noirci les bas d’enduit en deux hivers. La reprise a imposé purge, ré-arasement et protection extérieure, pour un budget triplé par rapport au geste initial.
Normes et bonnes pratiques
Les règles de l’art exigent une base plane, saine et sèche. Le recours à une bande d’arase adaptée aux blocs béton et un mortier hydrofuge dosé conformément à l’étiquette sont attendus. Les jours de pluie battante ou de gel, il vaut mieux reporter. Ces conditions ruinent la prise et ouvrent la porte aux fissures.
En synthèse, l’arase étanche constitue une opération simple mais décisive. Elle conditionne l’étanchéité du pied de mur, la propreté des finitions et la durée de vie du bâti.
Préparation surface et outillage: sécuriser le chantier avant l’imperméabilisation
La réussite commence par une préparation surface méticuleuse. Le support doit être sain, sans poussière ni laitance. Les joints dégradés se grattent, et les points friables se reforcent au mortier. Un dépoussiérage à la brosse métallique précède toujours le mouillage léger, pour une accroche optimale.
Le contrôle des fondations s’impose. Elles ne doivent pas fissurer ni pomper l’eau. Un test simple consiste à vérifier que la surface reste porteuse sous le marteau de maçon. Si nécessaire, un ragréage structurel corrige les défauts locaux avant l’arase.
Outils et matériaux indispensables
Un chantier fluide s’organise. Voici l’essentiel pour poser une arase étanche sans accroc.
- Niveau à bulle, règle aluminium et cordeau pour le contrôle.
- Coffrage en bois droit, vis et serre-joints pour le maintien.
- Brouette ou bétonnière, truelles, taloche et auge.
- Mortier de ciment et additif hydrofuge, sable calibré, eau propre.
- Bande d’arase bitumineuse ou polyéthylène épais, compatible blocs béton.
- Équipements: gants, lunettes, genouillères, bâche plastique de protection.
Un entrepreneur fictif, Atelier Mur Sec, organise ses postes par zone de 2 mètres. Chaque zone reçoit juste le volume de mortier nécessaire. Cette cadence évite les reprises visibles et protège la planéité.
Organisation et sécurité
Le cheminement du matériel reste dégagé. Les tréteaux se placent hors des zones de coulée. Une évacuation de l’eau de pluie est anticipée, avec une bâche prête en cas d’averse. Les EPI se portent du début à la fin.
Avant de mélanger, chaque additif est vérifié. Un dosage précis réduit la porosité du mortier. Une erreur de 10% suffit à modifier la consistance et l’adhérence.
Quand tout est en place, la mise en œuvre devient plus sereine. On gagne en cadence et la qualité reste constante d’une extrémité à l’autre du mur.
Réaliser l’arase étanche pas à pas: coffrage, mortier hydrofuge et bande d’arase
Le coffrage façonne l’épaisseur et maintient le mortier jusqu’à sa prise. Ses chants doivent être parallèles et au même niveau. Un vissage soigné supprime les fuites et évite les bourrelets qui compliquent le lissage.
Sur un mur en parpaing classique de 20 cm, on fixe les planches avec serre-joints rapides. Le contrôle du niveau se fait avant et après serrage. Cette double vérification empêche les mouvements quand le mortier est frais.
Préparer et doser le mortier hydrofuge
Le mélange suit la notice: sable propre, ciment, et additif hydrofuge dosé au pourcentage indiqué. L’eau s’ajoute progressivement pour obtenir une pâte onctueuse, non liquide. Un mortier trop maigre se désagrège, trop gras il fissure.
Un malaxeur mécanique garantit l’homogénéité. La gâchée ne doit pas dépasser 30 minutes d’attente à l’air libre. Passé ce délai, la prise démarre et la maniabilité chute.
Poser la bande d’arase et tirer au cordeau
Avant coulage, la bande d’arase se déroule à blanc. Les coupes s’anticipent dans les angles. Elle se pose sur un mince lit de mortier frais, sans pli ni bulle. Les recouvrements atteignent 10 cm minimum, surtout aux jonctions.
Le mortier principal est ensuite réparti et tiré à la règle aluminium. On travaille en tirant vers soi, puis on lisse à la taloche. Chaque passe s’accompagne d’un contrôle au niveau.
Finition, séchage et conditions météo
La surface finale se lisse quand le mortier tire un peu. Une évaporation trop rapide crée des microfissures. D’où l’intérêt d’ombrer et de couvrir à la bâche plastique en fin de journée. Par temps frais, la prise ralentit et le coffrage se garde plus longtemps.
En présence de grandes longueurs, on intègre un joint de dilatation conformément aux prescriptions du fabricant de blocs. Cette interruption ponctuelle absorbe les mouvements thermiques et évite la fissuration de l’arase.
| Matériau/Élément | Rôle | Bonnes pratiques | Prix indicatif 2026 |
|---|---|---|---|
| Mortier ciment + hydrofuge | Blocage capillarité, planéité | Dosage strict, gâchée homogène | 90–140 € / t de sable + ciment + additif |
| Bande d’arase bitumineuse | Rupture totale capillarité | Recouvrement 10 cm, sans pli | 2–4 € / m linéaire |
| Coffrage bois droit | Maintien et épaisseur constante | Serrage, calage au niveau | 15–25 € / m réutilisable |
| Règle + niveau | Contrôle horizontalité | Vérif. tous les 1,5 m | 40–120 € selon gamme |
Au terme du séchage, l’arase doit sonner plein et afficher une teinte uniforme. Cette base fiable prépare la pose des rangs suivants et facilite la mise en place d’un revêtement hydrofuge de finition si nécessaire.
Durabilité et protection mur extérieur: détails d’exécution qui changent tout
Une arase parfaite reste vulnérable sans traitement des points singuliers. Les liaisons mur/dalle, seuils et retours d’angle demandent une attention extrême. Chaque recouvrement de bande se contrôle, et les percements techniques se colmatent autour de fourreaux.
Ensuite vient la protection mur extérieur. Une imperméabilisation de façade par revêtement hydrofuge microporeux complète l’action de l’arase. Elle limite la pénétration d’eau tout en laissant sortir la vapeur.
Joints de fractionnement et joint de dilatation
Les longueurs droites supérieures à 6–8 mètres se dilatent au soleil. Un joint de dilatation absorbe ces mouvements et protège l’arase. On positionne ces joints aux changements de direction, aux reprises de bétonnage et près des ouvertures.
Dans les zones sismiques légères, la répartition des joints gagne en finesse. On suit les préconisations locales pour préserver l’intégrité des enduits et des linteaux.
Revêtement hydrofuge et drainage complémentaire
En pied de mur, un sol qui évacue bien l’eau aide l’ouvrage. Un drain périphérique et une pente de 2% éloignent la pluie battante. En façade, un revêtement hydrofuge siloxané offre une barrière supplémentaire. Le support doit être propre et sec, sinon la performance chute.
Sur une extension à Lyon, l’application d’un hydrofuge filmogène a été remplacée par un produit microporeux. Résultat: moins de cloquage et une meilleure gestion de la vapeur en été.
Contrôles, tests simples et entretien
Un contrôle visuel après pluie cible les zones sombres persistantes. Un test au ruban adhésif confirme l’adhérence des couches. Tous les deux à trois ans, un nettoyage doux et un contrôle des joints évitent la reprise d’humidité.
Cette rigueur transforme une bonne arase en garantie longue durée. Le mur reste sain, et la finition conserve ses teintes.
À ce stade, le mur est paré pour recevoir enduits et revêtements. La suite logique? Anticiper les erreurs qui coûtent cher.
Erreurs courantes, coûts 2026 et astuces de pro pour un bâti durable
Les retours de chantier dessinent une carte des pièges. La plupart des défauts proviennent d’un mauvais rythme d’exécution, d’une météo négligée ou d’un contrôle insuffisant du niveau. Voici comment les éviter sans alourdir le budget.
Pièges à éviter absolument
- Coffrage non nivelé: l’arase ondule et gêne tous les rangs suivants.
- Mortier trop liquide: ségrégation, retrait, fissures en faïençage.
- Absence de bande d’arase: l’eau trouve toujours un chemin.
- Recouvrements insuffisants de membrane: points de fuite à court terme.
- Météo inadaptée: gel, pluie ou vent fort compromettent la prise.
- Oubli du joint de dilatation sur grandes longueurs.
- Propreté négligée du support: adhérence réduite.
- Temps de séchage écourté: arrachements à la décoffre.
- Dosage imprécis de l’hydrofuge: performance en chute libre.
- Pas de protection mur extérieur en zone très exposée.
Budget et planification en 2026
Les coûts restent maîtrisables. Pour une arase de 15 mètres sur mur de 20 cm, prévoir les matériaux autour de 120–220 € selon marque et gamme. La main-d’œuvre varie avec la complexité du coffrage et l’accessibilité. Une demi-journée bien préparée suffit souvent pour réaliser, lisser et couvrir.
Le planning tient compte du séchage. On laisse la bâche plastique en place au moins 24 heures, plus si l’air est froid et humide. La pose des parpaings suivants commence une fois la dureté atteinte et la planéité confirmée.
Cas pratique: rénovation de soubassement
Sur une maison des années 80, la remontée d’humidité tachait les bas d’enduits. L’équipe a purgé l’ancien mortier, refait l’arase au mortier hydrofuge avec bande d’arase, puis appliqué un revêtement hydrofuge siloxané en façade. Après deux saisons pluvieuses, aucune reprise d’auréoles.
Le combo gagnant reste immuable: préparation méticuleuse, exécution au cordeau, et imperméabilisation complémentaire. C’est la signature d’un bâti durable, prêt à affronter le temps qui passe.
On en dit Quoi ?
Une arase étanche bien pensée vaut plus qu’un rattrapage tardif. En bloquant l’eau dès la base, elle simplifie tout le reste: alignement, finitions, et pérennité des façades. L’effort porte sur la méthode, pas sur la force. Quand préparation, bande d’arase et contrôle de planéité se conjuguent, le mur en parpaing reste sec, droit et durable.
Quelle épaisseur viser pour une arase étanche sur parpaings ?
En pratique, 1 à 2 cm de mortier hydrofuge suffisent, tirés bien au niveau. L’important est l’homogénéité de l’épaisseur et la planéité sur toute la longueur.
Bande d’arase ou mortier hydrofuge : faut-il les deux ?
Oui, l’idéal est de cumuler. Le mortier hydrofuge limite la capillarité et régularise la surface, tandis que la bande d’arase crée une rupture franche et durable du chemin de l’eau.
Combien de temps attendre avant de monter les rangs suivants ?
Attendez au minimum 24 heures, plus en climat froid et humide. Vérifiez que l’arase est dure, plane et sans marques d’empreinte avant toute reprise des travaux maçonnerie.
Faut-il ajouter un joint de dilatation dans l’arase ?
Sur de grandes longueurs ou aux changements de direction, oui. Le joint de dilatation limite les contraintes thermiques et prévient les fissures dans l’arase et les enduits.
Un revêtement hydrofuge de façade est-il indispensable ?
En zones exposées, il complète efficacement l’arase étanche. Il améliore l’imperméabilisation tout en laissant respirer le support, et participe à la protection du mur extérieur.
Agent immobilier dynamique avec 15 ans d’expérience dans la région lyonnaise, passionnée par l’accompagnement de mes clients dans leurs projets de vie. Toujours à l’écoute, organisée et réactive, je mets tout en œuvre pour concrétiser vos envies immobilières.

